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8 mai 2020 - Impact du confinement et déconfinement sur le                                                  développement sensori-moteur

Le live a réuni 62 personnes, ce vendredi 8 mai de 17h à 18h30 pour échanger autour de la sensorialité pendant et après le confinement. Participation de professionnelles de différentes formations : auxiliaires, psychologue, psychomotriciennes, médecin, sensorimotricienne.

Nathalie Collin nous a présenté La Crapa’hutte à travers ses 3 pôles (accompagnement familles, ateliers parents/enfants, formation, prévention petite enfance).

 

Quel impact du confinement sur la sensorimotricité ? Quel accompagnement des parents et des professionnels

de lieu d’accueil du Jeune enfant ?

 

Dans un premier temps, nous avons échangé sur les effets du confinement sur notre propre sensorialité et sensorimotricité. Chacun a pu partager des vécus singuliers :

  • Un vécu de sur stimulation sensorielle lors des premières sorties à l’extérieur après cette pause:

L’irritabilité sensorielle peut alors être présente. Ce vécu  a pu apporter des difficultés à se concentrer lors de la conduite par exemple et entraîner une grande fatigabilité.

 

  • Une reconnexion à nos sens:

Une personne évoque aussi la prise de conscience de « filtres » qu’elle avait mis en place pour annuler le trop plein de bruits dans sa rue et aujourd’hui une discrimination  auditive qui s’opère.

D’autres évoquent une attention accrue à des stimulations sensorielles positives : chant des oiseaux, observation du ciel.

 

  •  Un besoin de recherche du sensoriel:

Certaines ont eu besoin de retrouver des sensations mises de côté dans le quotidien habituel : marcher pieds nus, faire de la balançoire, sentir le poids des pierres, besoin de ressentir son corps jusqu’à la fatigue, d’aller vite pour sentir davantage le vent sur sa peau, faire de la zumba seul chez soi et retrouver les sensations vécus pendant les cours.

 

  • Un rapport au temps différent

Certaines parlent d’un temps en suspens avec une prise de conscience de l’importance de la reconnexion à la terre, au sol, à la respiration.

D’autres évoque la possibilité de prendre son temps, de vivre à son rythme et de se reconnecter à sa soi.

 

  • Un rapport à l’espace différent

Quelqu’un rapporte avoir posé son attention sur le vécu de ses mouvements dans les différents plans spatiaux.

Au niveau visuel, des retours sur une sensation de visuel « rétréci » dont on prend conscience en sortant. Une absence de perspective, de « lointain », un besoin de rechercher cet espace. Il est question d’une mise en mouvement entre vision proche et lointaine qui est alors moins sollicitée.

 

  • Un nouveau vécu du mouvement

Parmi nous, plusieurs ont raconté un nouveau rapport aux mouvements (marcher pour marcher sans but précis, une perte des automatismes comme conduire) ; un nouveau rapport à l’espace : expérimentation de la zumba dans un petit couloir, marcher dans une courette.

 

Cela a créé pour certaines des pistes de projet comme des séances en extérieur.

Pour poursuivre la réflexion, 2 questions : Où cela nous a-t-il emmené ? Où cela nous a-t-il empêcher d’aller ?

 

Dans un deuxième temps, les échanges ont porté sur l’évolution de la place des parents auprès des enfants :

 

  • Des parents qui ont pu prendre le temps avec leur enfant, qui ont pu observer,
  • Des parents qui ont retrouvé une place, un lien enrichi avec leur enfant, un processus de parentalité qui se restaure,
  • Des parents qui ont pu prendre conscience de leurs compétences,
  • Des parents qui prennent part aux soins de leur enfant.

 

Quelqu’un parlera de  cette « vigilance bienveillante à observer et soutenir les parents dans leurs compétences dans

une dentelle encore plus fine et délicate que d’habitude ».

 

 

Deux participantes, auxiliaire de puériculture et psychomotricienne ont ensuite pu partager leur expérience de travail en crèche pendant le confinement sans masque puis avec:

 

2 à 5 enfants, tout âge confondu, étaient accueillis par 3 professionnelles, différentes chaque semaine, selon un roulement. Les adultes et enfants ne se connaissaient pas et les locaux pouvaient être différents pour tous aussi. Les conditions d’accueils sont nettement différents: transmission à l’extérieur de la section, le parent n’entre pas en section, les jeux sont en quantité restreinte, etc.

Elles ont pu observer les capacités d’adaptation des enfants qui semblaient en apparence mieux vivre les changements que les adultes: « jamais eu de pleurs, jamais eu de cris ».

 Les enfants reconnaissent les adultes et les nomment ; ils semblent comprendre les expressions des adultes avec les masques (mimiques du haut du visage, tonus). Dans les deux retours d’expériences, les masques sont présents depuis 3 semaines et sont gardés toute la journée.

 

Mais quelles sont les conséquences de cette hyperadaptation?

 

Nous avons échangé autour de l’importance de ne pas banaliser, de ne pas s’auto rassurer, de rester vigilants sur le long terme sur l’impact du port des masques, des mesures de protection et d’hygiène, des changements. 

Les interrogations sur l’effet sur le développement du schéma corporel, de l’image du corps, de l’investissement de la zone orale (et du développement des coordinations et lien entre l’auditif et le visuel), sont soulevées avec l’utilisation des masques, la diminution des expériences motrices, du toucher…

Il est question aussi de la lecture des émotions. Comment cela se passe t’il avec le masque ? Place du regard, du tonus, du dialogue tonico-émotionnel.

Plusieurs anecdotes retiennent notre attention: les enfants essaient d’enlever le masque de l’adulte, le jeu de dinette investi de la même manière, en donnant à manger à l’adulte à travers le masque.

Nous pouvons nous appuyer sur notre connaissance du développement psychique et corporel de l’enfant, sur l’importance des expériences sensorielles, motrices relationnelles pour continuer à observer et à penser.

Pierre Delion a évoqué ce sujet dans une conférence. (http://www.acepp.asso.fr/colloque-mai-2020/)

 

 

 

Le retour des enfants dans les lieux d’accueil collectif:

 

Il s’agit d’un moment de transition avec des allers-retours dedans/ dehors.

L’important est de faire lien avec les parents. Comment penser le temps de passage de l’extérieur (maison, rue) à la crèche, malgré les contraintes ?. Comment penser le temps d’échange avec les parents ? Pour permettre une transition en douceur, comment accompagner la prise de conscience et une possible mise à distance des angoisses de contamination, de l’autre vécu comme dangereux, de ce contexte anxiogène ?

Comment est-il possible d’amener l’univers sensoriel auquel l’enfant est habitué (repère, contenance) avec par exemple les musiques, les chansons, les odeurs? Le sensoriel pouvant ainsi aider à faire lien.

Au-delà du contexte hygiéniste, n’oublions pas la relation.

Il sera important de soutenir les équipes à continuer à observer car ce temps va être grignoté par les temps consacré au nettoyage. Il sera important de rester inventif.

Des idées ont été lancées :

  • celles précitées sur l’univers sensoriel pour pallier parfois les doudous qui devront rester à la crèche,
  • au sujet des masques : accentuer les prosodies, les mimiques au niveau des yeux, enlever le masque quand nous sommes loin des enfants, des photos des professionnels faites avec et sans masque, mettre le masque sous le regard de  l’enfant,
  • les parents ne vont plus pouvoir rentrer dans la crèche, les enfants et les familles ne sont pas venus depuis longtemps, comment penser à ce qu’ils reprennent place dans la crèche ? Des temps d’accueil parents enfants de 1h chacun ?
  • les jeux : des pâtes à modeler, pâtes à sel  faites maison et jetables.

 

Et les professionnels dans tout ça? Comment accueillir les enfants dans de telles conditions en étant confronté à ses propres difficultés liées au déconfinement, aux changements de protocole d’hygiène. Quand pourront-ils ÊTRE avec les enfants?

Quelle place allons-nous pouvoir trouver, prendre, nous sera donnée, alors que nous sommes intervenants extérieurs et parfois non autorisés à entrer dans la structure ?

 

 

La singularité de chacun, adultes (parents et professionnels) et enfants:

 

En fonction de son équipement biologique, de ce qu’ils ont vécu dans leur environnement, de la capacité à s’adapter, chaque enfant va réagir différemment au retour en collectivité. D’où l’importance de continuer à observer finement les enfants, d’échanger et de penser. La santé physique est tout aussi importante que la santé psychique et relationnelle.

 

Des pistes pour poursuivre la réflexion sur cette thématique ont été soulevées :

  • Des témoignages après la reprise
  • Echanges sur nos possibilités en tant qu’intervenant
  • Doit-on parler du covid aux enfants ?
  • La question de la continuité sensorielle
  • Lien proxémie et éloignement du corps
  • Ambiance angoissante et dialogue tonico-émotionnel
  • …..

 

L’accueil des enfants chez les assistantes maternelles suscitent des interrogations, La Crapa’hutte se propose de leur offrir aussi très prochainement un espace d’échanges et de penser.

 

2020

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